Après la religion...

mardi 8 février 2005.
 
Après la religion, la psychiatrie pour culpabiliser le désir féminin.

D’éminents psychologues affirment que la peur des hommes vis-à-vis des femmes est déclenchée par la crainte de la castration. C’est bien connu les femmes n’ont pas de pénis et par conséquent sont jalouses de ce dont la gent masculine est si encline à se vanter. Malheureusement les bases de la psychanalyse (comme beaucoup d’autres bases en ce bas monde) ont été jalonnées par un « philosophe » frustré et misogyne...ce brave Freud. Plus un mensonge est aberrant, mieux il passe. Quand éduquera-t-on les jeunes filles (et les jeunes garçons) de façon honnête et libérée de toute entrave hypercatholique, qui culpabilise leur corps et leur plaisir sexuel. De génération en génération les mères transmettent la culpabilité à leurs filles par vengeance de ce qui leur a été imposé dès le départ. Pratique qui n’est pas sans rappeler le rituel de l’excision délégué habilement par les hommes aux femmes. Les hommes inventent les moyens de frustrer, les femmes les subissent et les font subir. Rompons la chaîne mesdames, jouissons.
Parfois il semble que nos mentalités ne soient pas plus évoluées que dans les pires pays islamistes ! Sachez mesdames, mesdemoiselles que vous avez un pénis. Bien sûr vous le savez .Sachez messieurs que nous avons un pénis, il se prénomme joliment le CLITORIS. Il est vrai qu’aucune encyclopédie (ni livre de médecine d’ailleurs) n’a osé représenter cet organe d’une taille relativement importante dans son intégrité. A l’intérieur du corps il se prolonge tel un pénis et est même doté de deux glandes, rappelant les testicules, intervenant dans son fonctionnement. Excité il entre en érection et quoiqu’en pense Dr Freud il est indispensable à l’orgasme, stimulé directement ou indirectement.
Les hommes ont souvent cherché à nous en déposséder au propre comme au figuré. C’est une réalité qui dépasse les fantasmes de castration de ce cher Freud. Contrairement aux hommes, les femmes n’ont jamais officiellement fait subir de mutilations physiques et morales aux hommes. Pas la peine de scruter l’inconscient quand la réalité transperce. Le clitoris dérangerait-il ces messieurs du fait qu’il est le seul organe entièrement dédié au plaisir ?
L’une des priorités de l’éducation sexuelle devrait être d’enseigner aux jeunes filles qu’elles possèdent un tel trésor et leur apprendre à l’utiliser, plutôt que s’acharner à leur dissimuler. « J’ai un clito et je m’en occupe » devrait être la devise de toute femme. Les femmes seraient moins frustrées si on leur laissait l’occasion de jouir sereinement et on les traiterait peut-être moins alors de castratrices. Les hommes s’autopunissent en imposant aux femmes des frustrations qui les empêchent de s’épanouir et les poussent à la vengeance mesquine. Messieurs, reconnaissez le clitoris et arrêtez de croire qu’on vous envie votre pénis. On a le même mais en mieux ! Le clitoris est largement plus sensible que le pénis et on n’éprouve pas le besoin d’un truc qui bringuebale entre les jambes pour se sentir des femmes, des vraies. Pas besoin de courir dans un lieu désaffecté loin des regards inquisiteurs lorsqu’on est excité soudainement.
Si le clitoris était stimulé dès le besoin ressenti, les femmes auraient une vie sexuelle plus épanouie, mais le poids des représentations collectives et des traditions rend les choses différentes. Quand cesserons-nous de rabâcher que les hommes ont des besoins sexuels plus importants que les femmes, parce que ça arrange les hommes de penser ainsi. Cela fournit une bonne excuse en cas d’adultère masculin. Dans le cas inverse, la femme est une salope, puisque seule une salope peut avoir un désir irrépressible. Mais ce n’est pourtant pas mal de désirer, c’est la nature et les femmes comme les hommes et tous les autres animaux ont des pulsions mues par des hormones. Elles s’y autorisent moins car elles sont conditionnées ainsi depuis des lustres ou, quand elles se laissent aller, sont certainement plus discrètes pour éviter la lapidation sur place publique, au propre comme au figuré.
De même, quand donc arrêterons-nous de véhiculer l’idée que l’acte sexuel est plus « grave » pour les femmes, qu’elles ont besoin de sentiments pour cela. Outre le fait que c’est encore une vision judéo-islamo-chrétienne (trois religions qui se retrouvent au moins sur un point) qui a la peau dure, cela incite les jeunes hommes à se définir par le contraire. Cela ne peut générer que malentendus et discordes où les femmes sortent perdantes bien entendu.Une femme peut considérer un homme juste comme une « bite », de même qu’un homme peut considérer une femme comme un « trou ». C’est une certaine vision du monde même si elle réductrice dans les deux cas. Pensons au tableau de Gustave Courbet : « L’origine du monde ».C’aurait pu aussi bien être une paire de couilles si une femme en avait été l’auteur. Je rigole. En tous cas si on condamne, condamnons dans les deux cas. Si on arrêtait de présenter les femmes comme de purs esprits dégoûtées du sexe, il n’y en aurait que moins de viols. Effectivement l’une des premières jouissances d’un violeur est de briser un tabou, de contraindre par la force. Une femme qui ne résisterait pas serait moins excitante à violer.
Tous les maux des femmes, puis des hommes par extension, résultent de la perversion de ces derniers. Grossièrement ils inculquent aux jeunes filles qu’une fille qui couche est une fille facile, une Dom Juan au féminin est une salope pour mieux les violer après. Cessons cette ronde des paradoxes, cessons de culpabiliser les femmes et leur clito !


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