Nous ne sommes plus des gorilles

lundi 17 janvier 2005.
 
Le gorille est un animal qui souffre de son image bestiale et les journalistes de l’"espresso" n’aide pas le souverain des forets équatoriales à l’améliorer.
Un journal italien, l’ « espresso » a aujourd’hui (25/10/2004) pondu un article d’opinion qui appelle à une nouvelle « révolution culturelle pour convaincre les hommes de l’inutilité de la guerre ». Le journal ajoute que même si cette révolution parait utopique, d’autres révolutions culturelles qui le semblaient aussi ont pourtant eut lieu et concernaient par exemple l’abandon de l’anthropophagie (« ...ce qui semblait impossible... ») ou l’ingestion rituelle de l’ennemi après le combat et la victoire. Une autre révolution déjà arrivée serait l’abandon de l’esclavage qui « n’est pas indispensable à la société ». Le journal termine en constatant que nous avons perdu nos poils et nos griffes, que nous ne sommes plus des gorilles, qu’il était temps d’être plus civilisés.
Derrière la bonne volonté de l’article et le souhait pieux que l’homme ne recourt plus à la guerre pour régler ses différends, je constate une argumentation douteuse, voire dangereuse. Pour commencer, l’anthropophagie n’est pas une coutume universelle, son abolition n’est donc pas une révolution. De plus, à une époque où l’homme livrait de furieux et sanguinolents combats contre son prochain, l’anthropophagie, si elle avait été encore d’actualité, aurait été dérisoire face au bilan d’une guerre. Manger ses ennemis, l’un dans l’autre, quand on a déjà pillé et brûlé les villages, quand on a déjà violé les femmes et exterminé le reste de la population, c’est pas si grave.
De l’esclavage, nous ne sommes pas encore tous revenu non plus. Pour mémoire, rappelons que les prisonniers et condamnés à mort en attente d’exécution en Chine sont réquisitionnés pour la production de diverses marchandises exportées et vendues à bas coût dans nos contrés. Cela dit, je suppose que l’auteur de l’article devait penser plutôt à l’esclavage gréco-romain et celui-ci, sous cette forme a effectivement disparu (comme les empires grecs et romains d’ailleurs).
Enfin, je voudrais revenir sur la comparaison avec le gorille. Là encore, je suppose que l’auteur parle du gorille comme symbole de l’animal sauvage, image parlante car physiquement et génétiquement proche de l’homme. J’aimerais donc rappeler à cette occasion que la Nature n’est ni mauvaise, ni bonne. Elle ne connaît pas ces notions anthropocentristes (peut-être qu’il faut manger de l’homme pour les appréhender). La Nature se contente d’un simple bilan, d’un constat. Les organismes sont là parce qu’il y a un réservoir exploitable d’énergie (soleil, nourriture, chaleur géothermique etc.) et ceux qui sont là sont ceux qui ont développé des capacités de reproduction et de pérennisation de l’espèce. La Nature ne cherche même pas à s’adapter comme trop de gens le croient, elle se contente d’évoluer au hasard et de trier par l’adaptation au milieu. Pour un peu, on pourrait croire que les gorilles sont mauvais quand on lit cet article, on pourrait même s’imaginer que la Nature est mauvaise.
Ce n’est pas le cas.
Quant à ne plus vouloir la guerre, c’est une décision qui doit être multilatérale (à la grande joie des diplomates gauchisants) et qui, si elle n’est pas appliquée par tous mène à des catastrophes...

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