La France a choisi son camp

lundi 17 janvier 2005.
 
Au moment où le modèle occidental est sous pression externe et interne, on s’attendrait à ce que ce qui fut le fer de lance de la révolution des lumières donne l’exemple. Et bien non, c’est même le contraire !
Ce qui semblait jusqu’à maintenant n’être qu’un mauvais rêve, une mode, une mauvaise passe pour les plus pro-occidentaux des français (dont je fais partie) est en train de devenir une réalité indéniable : La France a choisi son camp.
Quel camp exactement ? Le camp de l’islamisme ? Non, tout de même pas. Le camp des tiers-mondistes et autres altermondialistes ? On se rapproche, oui. Le camp des masses arabes ? Aussi. Le camp des anti-américains congénitaux ? Clairement.
Le grand ordonnateur, celui qui donne l’impulsion à ce changement de trajectoire n’est autre que le président Jacques Chirac. L’interaction sur la question des relations internationales entre les politiciens et le public en France est une relation où chacun va conforter l’autre dans ses idées. Les français perçoivent les américains comme de grands nigauds incultes et à la gâchette facile ? L’état mettra en branle toute sa machinerie politique et médiatique pour renforcer cette idée qui lui convient. Les français d’ordinaire si méfiants et si blasés par les mensonges de leurs politiciens semblent prêt à tout croire dans le domaine des affaires étrangères.
Les français perçoivent les israéliens comme un peuple « à la nuque raide, sûr de lui et dominateur », lui aussi à la gâchette facile ? Chirac, après De Gaulle va s’empresser d’en rajouter une couche par de petits gestes politiques, par des missions diplomatiques douteuses, par des nominations à la tête de médias influents, par des salons de la francophonie se tenant à Beyrouth etc.
Récemment, les choses se sont accélérées. Le 17 nov. 2004, Chirac est allé en Grande-Bretagne donner quelques interviews. Il n’a pas mâché ses mots pour dénoncer une politique américaine (et britannique) qu’il juge désastreuse, tout du moins mauvaise. Les commentaires émanant des chancelleries et des couloirs des lieux de pouvoirs semblent tous converger vers la même expression d’une déception de la réélection de G.W.Bush à la tête des USA. Comme si le mot avait été donné que les commentaires non officiels soient tous incendiaires. Dans l’affaire Arafat, la France n’a pas cherché à passer par l’espace aérien israélien pour « rapatrier » le président de l’autorité palestinienne à Clamart. Un geste anodin ou un symbole ? On ne le saura jamais mais l’effet est le même. La France n’a fait aucun commentaire non plus sur l’autorisation immédiatement donnée à Arafat de quitter son QG et d’y revenir si cela devait arriver. Un geste comme celui-là aurait certainement contribué à améliorer l’image d’Israël auprès des masses arabes, facilitant les pourparlers subséquents. Là encore, l’attente a été vaine.
Concernant l’affaire des otages, les français ont égoïstement présenté les américains comme des torpilleurs de négociation avec l’assaut sur Fallouja. Comme si la vie des 2 journalistes français valait bien la pacification de l’Irak et la tenue d’élections en Janvier 2005. Quand le chauffeur syrien de nos 2 journalistes a été libéré, la presse, comme en écho au gouvernement a immédiatement regretté les 5 jours d’interrogatoires par lesquels est passé l’otage libéré grâce à l’offensive américaine et dans laquelle ont péri pour l’instant une trentaine de Marines. Si Al-Jundi avait attendu la France pour être libéré, et bien il attendrait encore.
Le 18 nov. 2004, voilà que le CSA jugent convenable la chaîne du hezbollah, al-manar. Cette noble institution se fait remarquer surtout par la teneur violemment antisémite de son contenu. Déjà accessible par satellite, elle pourra dorénavant être proposé par les câblo-opérateurs et autres fournisseurs d’accès Internet. Au moment où la France prétend lutter contre l’antisémitisme, quel message se cache derrière ce choix avant tout politique (contribution du hezbollah à la libération des otages par exemple) ?
Comme toutes ces décisions peuvent se résumer en une tendance franchement antisioniste et franchement antiaméricaine, elles conviennent impeccablement au monde arabe.
C’est ça, le camp que la France a choisi.

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