La jupe menacée d’extinction

lundi 17 janvier 2005.
 
A contre-courant du constat de réchauffement généralisé de la planète, les femmes semblent souffrir de plus en plus du froid
Il semble que les françaises deviennent frileuses et sortent de moins en moins en jupe. On est alors en droit de s’interroger sur un tel phénomène qui va à l’encontre de la loi française ! Outre le fait que les femmes apprécient le côté pratique du pantalon, n’y aurait-il pas une certaine pression sur celles qui s’aventurent encore dans la rue sous les attributs de la féminité ? Effectivement se promener en jupe aujourd’hui relève du parcours du combattant. Les préjugés commencent dès le plus jeune âge. Au collège, lorsqu’une fille ose exhiber ses jolies jambes, elle est taxée d’allumeuse. Comme si derrière chaque geste de la vie courante on essayait de culpabiliser les jeunes filles, de les empêcher de s’affirmer. A cet âge la confiance se gagne beaucoup dans le regard de l’autre et du sexe opposé à fortiori. Chercher à être regardée ne signifie pas forcément qu’on a envie de se taper tout le collège. Plus tard une femme en jupe attire les regards, dans le meilleur des cas (quand ce n’est pas sifflements ou mains au cul). Pour être sereine ou presque, mieux vaut sortir couverte (bientôt de la tête aux pieds ?). On commence à voir où je veux en venir...

En ces jours où l’intégrisme religieux frappe à nos portes, il est à craindre que les victoires des féministes lors des dernières décennies soient menacées. Il est grand temps de réagir et pas seulement dans les banlieues, toutes les femmes de France et d’Europe devraient prendre conscience que si elles ne peuvent plus s’habiller exactement comme elles le souhaitent, c’est qu’elles sont sur le chemin de la soumission, peut-être de la soumission au voile. Il ne s’agit pas de paranoïa, les exemples pour étayer ma pensée foisonnent. Il serait temps de dire que les jeunes filles des banlieues ne sont pas les seules victimes (même si elles sont les premières) de la pression des clans islamistes. Pour ne citer qu’un exemple, ma mère professeur à Aubervilliers (93), s’habille en tailleurs jupe. Rien de bien indécent, pourtant ce n’est pas du goût de ses élèves qui ont l’impolitesse de lui soutenir qu’elle porte des minijupes. Inutile de souligner que ma mère est une des dernières résistantes d’une citadelle assiégée : ses jeunes collègues oseraient à peine venir en jupes longues. Au début, elle s’attirait ce genre de remarques d’élèves (garçons et ... filles !) d’origine maghrébine, ce qui est déjà inquiétant. Or la dernière injonction de ce type, a été proférée par un élève à problèmes certes, mais non issu de l’immigration. Ma mère n’est pas femme à laisser passer un tel sous-entendu et l’élève a dû présenter ses excuses dans le bureau du proviseur. N’est-ce pas le monde à l’envers que les élèves se permettent de critiquer la tenue d’un professeur, en outre pour des raisons irrecevables ? Derrière le problème de l’irrespect hiérarchique se profile un autre problème encore plus grave : l’irrespect des femmes, l’irrespect de la personne et l’intolérance. C’est bien d’intolérance dont il s’agit, vis à vis de l’occident. Il est temps de reconnaître qu’un blanc peut être victime de racisme et qu’à force de tolérance justement, les occidentaux ne s’aperçoivent même plus que leurs propres valeurs sont dénigrées et menacées par des pans entiers de la population.
Comme l’explique très bien Chadhorrt Djavann dans l’essai « Que Pense Allah de l’Europe », le voile est le premier instrument du prosélytisme islamiste. Mettre les femmes sous le voile c’est les réduire au rang de valeurs marchandes et dans notre société de consommation quoi de plus séduisant pour les hommes même non musulmans ? Mon exemple précédent, parmi tant d’autres, est la preuve même que cela fonctionne à merveille. Dans les banlieues, les femmes n’ont d’autre choix que d’être considérées comme un sexe quoiqu’elles fassent. S’habiller librement est par définition un outrage à la domination masculine, par conséquent on donne une mauvaise image des femmes qui assument leur corps et leur charme. La culpabilité d’être féminine naît alors, comme si avoir un corps de femme était honteux, comme si une femme naturelle ne pouvait se réduire qu’à son sexe. Si les hommes ne peuvent pas se retenir de violer, ce ne sont pas les femmes qu’il faut enfermer ! Porter le voile c’est accepter une domination, aliéner sa personnalité et donc se résigner à se définir par son sexe uniquement. Pour citer encore C. Djavann, le voile, un cache-sexe provocateur.
Pour une fois cessons d’être bien-pensants et de trouver des excuses aux femmes qui portent le voile. Il s’agit du symbole de l’islamisme par excellence, c’est-à-dire ni d’un choix personnel, ni de quelque chose d’anodin. De même que l’étoile jaune imposée aux juifs par Hitler était le signe de la folie du nazisme s’apprêtant à un génocide, le voile est une marque de discrimination et rabaisse une personne humaine à moins que rien, dans quel dessein ? Allons-nous fermer encore les yeux sur les signes avant-coureurs d’une grave offense à la liberté des femmes et aux droits de l’Homme... au nom de la tolérance ?...

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