Tuer, c’est maaaaaaal ou comment se débarrasser de nos vieilles manies judéo-chrétiennes

jeudi 3 mars 2005.
 
L’être humain est imparfait et capable du pire. Un enfant est un être humain. Donc un enfant est capable du pire et, au-delà du syllogisme, admettons qu’il n’y a aucune raison qu’un enfant soit exempté de peine s’il a été capable de transgresser les lois en toute conscience.
Une dépêche AP nous apprend que la Cour suprême américaine a jugé ce mardi 1er mars contraire à la Constitution américaine l’exécution de meurtriers âgés de moins de 18 ans au moment de leur crime, mettant un terme à une pratique acceptée dans 19 Etats mais dénoncée par les plus proches alliés des Etats-Unis. Premier réflexe : quels barbares ces américains ! Deuxième réflexe : Et si jeunes en plus ! Et quand on cesse de laisser parler les réflexes, on s’assoit et on se demande « mais ça veut dire quoi mineur et majeur au fond ? » Et puis pourquoi c’est MAAAAAAAL de tuer des gens ? Regardez des cambodgiens de 12 ans, travaillant depuis 7 ans, syndiqués depuis 5, et qui prennent la parole lors des conférences du Bureau International du Travail pour défendre leurs droits de travailleurs, ou encore les enfants soldats en Afrique qui vous racontent que tuer des gens, c’était sympa comme activité, et vous ne savez déjà plus ce que signifie le mot « majorité ». Pensez au nombre de pays qui pratiquent aujourd’hui encore la peine de mort ou à ces violeurs-tueurs récidivistes qui défient la Justice, et vous commencez à vous demander si tuer un tueur est vraiment grave.
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la prison était la punition sociale par défaut aujourd’hui ? Pourquoi la mort par pendaison, par écartèlement ou par décapitation, l’humiliation publique, le bannissement, ou même le châtiment corporel ont été écartés des outils de punition sociale ? On oublie souvent que les établissements pénitenciers n’existent que depuis quelques siècles, et aujourd’hui, nous sommes incapables de penser autrement la Justice que par ces petits barreaux qui séparent le monde des fauteurs de celui des honnêtes gens. Probablement parce que les questions de régulation sociale sont aujourd’hui inextricablement liées à des considérations sur la dignité et le respect de la personne humaine, bien que personne ne sache bien de quoi il s’agit et pourquoi ça apparaît aujourd’hui.
Personnellement, même si ce que je vais dire est politiquement incorrect, je pense qu’il existe toujours une circonstance où exécuter une personne qui a moins de 18 ans peut se justifier. Mieux : il existe toujours une circonstance où tuer se justifie. Admettons tout de même que notre système sans peine capitale n’est pas si mauvais, parce que même si l’on peut justifier l’exécution du fait de l’imperfection de l’homme, on ne peut justifier l’exécution du fait de l’imperfection de l’homme. Je vous laisse comprendre...

Répondre à cet article

Forum