L’attentat du 25 février 2005

lundi 28 février 2005.
 
Le scénario est maintenant connu, un palestinien avec une ceinture d’explosif vise exclusivement des civils dans un acte terroriste répugnant. En ces moments de détente, la question est sur toutes les lèvres : qui sont les responsables ?
Vendredi 25 février vers minuit, un terroriste kamikaze palestinien a fait exploser la bombe qui le ceinturait à l’entrée d’une boite de nuit du front de mer de Tel-Aviv. Le bilan, initialement de 4 morts a été revu à la hausse ce 28 février avec le décès d’une femme des suites de ses blessures.
La grande interrogation que soulève cet attentat est évidemment qui est le commanditaire ?
En première intention, aussi bien pour des raisons objectives que pour des raisons d’opportunisme politique, les regards se sont tournés vers le hezbollah libanais. Ce groupe est depuis un certain temps accusé par les services de sécurité aussi bien palestiniens qu’israéliens de chercher à saboter la trêve. Si cette possibilité est tout à fait plausible, elle est commode pour les palestiniens car il vaut mieux définir un ennemi extérieur contre lequel se solidariser que donner l’impression de l’existence d’un front intra-palestinien opposant le pouvoir élu et les groupes terroristes radicaux. Les israéliens eux, voient une menace dans le hezbollah dans la mesure où la double affiliation de ce groupe aux régimes syrien et iranien en fait un instrument de levier contre les intérêts américains dans la région. Dans le cadre d’une politique de « containment », le hezbollah sert de valve de pression qui est relâché par les 2 régimes voyous dès que les américains ou les israéliens se montrent trop pressants.
Or aujourd’hui la politique n’est plus au « containment » mais bel et bien au changement de régime et à l’intrusion de la démocratie dans les mauvaises habitudes moyen-orientales.
Dans ce cadre, le hezbollah doit disparaître, les régimes syrien et iranien se démocratiser avec comme corollaire la cessation du soutien à des groupes terroristes.
Il est étonnant de voir comme en ce moment, tout tourne décidemment autour du Liban, siège du hezbollah et base avancée syrienne.
Une autre piste, finalement pas très différente de la première dans ses implications politiques est celle du djihad islamique, un groupe lui aussi affilié à l’Iran pour son financement et sa doctrine mais dont le politburo se trouve à Damas. Ce groupe, assez discret ces derniers temps, à peut-être chercher à se faire rappeler aux bons soins de M. Abbas qui négocie en ce moment une trêve avec les autres militants d’al-aqsa et du hamas.
Dans tous les cas, les syriens, s’ils imaginaient relâcher un peu de la pression qu’ils ont sur les épaules se fourrent le doigt dans l’œil assez profondément. Une nouvelle donne politique voit le jour au Proche-Orient et cet attentat, dans la mesure où les palestiniens mettent vraiment en œuvre tout ce qui est possible pour que cela ne se reproduise pas, ne rallongera pas le sursis de régimes comme celui de la Syrie ou de l’Iran.

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